Nov 24

Newsletter du 24 novembre 2017

 

 

Le petit-déjeuner tech et équilibré

Vendredi 24 Novembre 2017, planète Terre

Bonjour bonjour ! Bien réveillé aujourd’hui ? Comme tous les vendredi, on se retrouve après le café pour papoter tech et actualité.

Au menu ce matin :

Et en bonus :
Hop, à table !

La formule express_ L’actu en bref

In IA veritas : l’intelligence artificielle détecte les fausses oeuvres d’art_

Franchement, presque. C’est ce qu’on peut se dire devant la pire restauration de l’histoire, mais bien souvent démêler le vrai du faux s’avère bien plus complexe. Mais sûrement plus pour très longtemps : des chercheurs ont mis au point une intelligence artificielle capable de discerner les fausse oeuvres d’arts : après avoir examiné le tracé de 80 000 coups de pinceaux d’environ 300 oeuvres, elle est maintenant capable de décomposer un tableau pour analyser les différences entre les coups de pinceau d’un peintre et ceux d’un faussaire.

Pour l’instant, ce système ne fonctionne que pour  des oeuvres dont les coups de pinceau sont clairs, mais les chercheurs s’attaquent déjà aux oeuvres impressionnistes où les peintures sont mélangées.

« 3,10€ s’il vous-plaît – Vous prenez le Bitcoin ? »_

London Block Exchange, une startup britannique, souhaite lancer une carte de crédit permettant de payer en cryptomonnaie. L’utilisateur disposera d’un compte en cryptomonnaie (Bitcoin, Ethereum ou autre) et pourra utiliser cette carte pour changer son argent en livre sterling à chaque paiement. Mais LBE n’est pas la seule à proposer ce type de cartes de crédit (par exemple Xapo, une enterprise américaine, en propose une depuis 2014).

Alors que le cours du Bitcoin explose (il a maintenant dépassé les 8000$) et que la question de la bulle financière se pose, il n’empêche que les cryptomonnaies s’envisagent de plus en plus comme le futur possible des transactions financières. Quant à en faire un moyen de paiement ? Pourquoi pas, et certains y croient bel et bien puisqu’ils proposent des cartes de crédits adaptées. Mais le cours extrêmement volatile de ces cryptomonnaies promet une forte incertitude quand à ton solde en fin de mois.

Le cours du Bitcoin depuis Décembre 2016 : +1008,43%

Des chiffres et d’la tech_ l’info qui compte

523 milliards
C’est, au 23 novembre et en $, la valorisation de Tencent, qui vient de dépasser Facebook_Le groupe chinois Tencent, qui est derrière l’application chinoise WeChat (bientôt 1 milliard d’utilisateurs) ou encore le jeu Clash of Clan, vient de dépasser la valeur de Facebook en bourse et entre ainsi dans le top 5 des entreprises les plus cotées au monde. La valeur de Tencent a littéralement explosé cette année (+127% depuis début 2017). Le géant chinois a d’ailleurs acquis 12% de Snap Inc. (Snapchat) au début du mois.

Cette entrée dans le top 5 confirme bien la place désormais capitale des entreprises chinoises dans le monde (les BATX : Baidu – Alibaba – Tencent – Xiami), au même titre que les GAFAM (Google – Apple – Facebook – Amazon – Microsoft).

Pour rappel, on a dans l’ordre des entreprises les plus côtées au monde :

  1. Apple – 898 mds $
  2. Alphabet – 722 mds $
  3. Microsoft – 641 mds $
  4. Amazon – 557 mds $
  5. Tencent – 523 mds $
  6. Facebook – 519 mds $
Pour info, premier groupe français est LVMH – 126 mds € = 149 mds $, donc loin derrière les ricains et chinois. Donc si vous aviez encore des doutes sur le poids des entreprises tech en 2017…

La news dure à avaler_ Uber change de modèle et abandonne l’ubérisation

Alors non, on ne parlera pas aujourd’hui de la révélation du piratage des données de 57 millions d’utilisateurs qu’a étouffé Uber, titre qui a pourtant fait couler beaucoup d’encre cette semaine.

Par contre, ce qui nous a interpellé dans l’actualité de l’entreprise californienne, c’est l’annonce de sa commande au groupe Suédois Volvo de plusieurs milliers de véhicules autonomes pour commencer à équiper sa flotte.

Bien qu’on connaissait déjà l’ambition du groupe, cette annonce confirme la stratégie visée par Uber (automatiser ses taxis) et nous rapproche un peu plus de l’échéance. Or, qui dit voitures autonomes, dit fin des chauffeurs. Et qui dit fin des chauffeurs, dit, ironiquement, fin de l’ubérisation pour Uber (pour rappel, l’ubérisation c’est le mot – un peu valise – employé pour évoquer la mise en relation directe entre prestataires et clients via une plateforme numérique). On pourrait même aller jusqu’à dire que Uber met fin au VTC (Véhicule de Tourisme avec Chauffeur). En tous cas, la volonté pour Uber de disposer de sa propre flotte de voitures autonomes correspond a un grand virage dans son modèle économique, et il s’agira de ne pas de faire fausse route.

Les futurs véhicules autonomes d’Uber

En début de semaine, on apprenait donc qu’Uber a conclu un accord avec Volvo pour l’achat de 24000 véhicules autonomes. Il s’agira de SUV de luxe (Volvo XC90), des véhicules 7 places équipés des systèmes nécessaires à la conduite autonome (capteurs, freinage de secours, etc.). Uber devra quant à lui y intégrer sa brique logicielle de conduite autonome pour rendre opérationnel les véhicules. Si le montant de la commande n’a pas été rendu public, il s’élèverait aux alentours de 1,4 mds $ selon le Financial Times. La livraison s’échelonnera elle entre 2019 et 2021.

Cette flotte importante permettra alors à Uber de tester à grande échelle sa technologie qui est en cours de développement, et dont les tests ont commencé il y a à peine plus d’un an à Pittsburgh en Pennsylvanie. Depuis, les voitures autonomes de Uber ont pu également rouler à Tempe en Arizona et à San Francisco en Californie, parcourir 1 millions de miles en 30 000 trajets, mais aussi griller deux feux rouges et être impliqué dans un accident mineur. Des progrès sont donc encore à faire pour mettre au point une conduite parfaitement sûre, et Uber compte bien étendre les tests avec sa nouvelle flotte pour entraîner sa technologie et gagner en expérience (en premier lieu, des chauffeurs assureront la sécurité et pourront reprendre la main en cas de pépin).

“C’est une bonne situation, ça, chauffeur Uber ?”
(que celui qui n’a jamais posé cette question à un chauffeur de VTC lève le doigt )

Alors certes, on parle pour l’instant de quelques milliers de véhicules. On est donc encore loin de remplacer les 2 millions de chauffeurs Uber qui font tourner le service. D’autant plus qu’à court terme les nouvelles Volvo autonomes ne pourront pas rouler sans chauffeur de sécurité à bord. Et on peut également s’attendre à ce que la transition ne se fasse pas demain : il faudra d’abord résoudre les problèmes technologiques, puis convaincre les autorités politiques et réglementaires des 84 pays et 737 villes où est présent Uber. Sans oublier qu’un autre obstacle se dresse sur la route, cette fois d’ordre judiciaire : la firme est depuis Février 2017 en conflit avec Waymo, la filiale d’Alphabet, qui l’accuse de vol de technologie. Le procès a d’ailleurs été récemment repoussé au 4 décembre prochain et son issue est incertaine. Il va donc y avoir du sport avant de pouvoir autonomiser toutes les voitures Uber et laisser les chauffeurs sur le bas côté.

Mais il ne faut pas ou oublier qu’à terme la voiture autonome est au coeur du projet d’Uber. C’est d’ailleurs en partie ce qui explique sa valorisation exceptionnelle (69 mds $), alors que l’entreprise n’a jamais été rentable (2,8 petits milliards de $ de perte en 2016). Et pour arriver un jour à la rentabilité, l’entreprise a un objectif : se passer des chauffeurs grâce aux voitures autonomes. Travis Kalanick, le fondateur d’Uber qui a démissionné en Juin dernier, l’avait annoncé sans détours: “Si Uber peut parfois vous paraître cher, c’est que vous payez pour l’autre type dans la voiture” (le chauffeur). “Quand il ne sera plus là, le service sera meilleur marché”. Meilleur marché, et surtout plus rentable ! Actuellement, la commission qu’Uber prélève sur chaque course n’est “que” de 20 à 25% (bien que ce soit une des plus élevée parmi les services de VTC). En effet, il faut bien rémunérer les chauffeurs afin d’en conserver le plus grand nombre – c’est en partie ce qui fait l’attractivité du service.

Néanmoins, une flotte mondiale de voitures autonomes permettrait d’augmenter largement les revenus d’Uber qui pourrait alors s’accaparer la totalité du prix des courses. Les chauffeurs savent donc à quoi s’en tenir.

La fin de l’ubérisation pour Uber

Or, ironie du sort, se passer de chauffeurs reviendrait à abandonner l’ubérisation, modèle économique pourtant issu d’Uber et de son fonctionnement. Ce terme, popularisé par Maurice Levy (patron de Publicis) en 2014, désigne le modèle économique basé sur les plateformes de mise en relation directe entre clients et prestataires. Une grosse partie du succès de ce modèle réside dans la qualité de ces plateformes qui, grâce aux nouvelles technologies et au digital, assurent une mise en relation, simple, immédiate et géolocalisée. Niveau partage des revenus, le client paie le service à la plateforme qui prélève une commission et rémunère ensuite le prestataire. Uber, Blablacar, Airbnb, ou encore Booking sont les figures de proue de ce nouveau phénomène économique et sont souvent cités en exemples. Mais l’ubérisation a pris énormément d’importance, au point de toucher aujourd’hui des secteurs très traditionnels comme le droit, la banque ou la restauration. Au final, de plus en plus de secteurs sont concernés et sont alors forcés de subir et de s’adapter à cette nouvelle concurrence (ou de mourir). En France, un observatoire de l’ubérisation a même vu le jour en 2015 pour analyser le phénomène.

Si le modèle comporte de nombreux avantages (pour les prestataires : meilleur accès au travail, revenus supplémentaires et autonomie professionnelle ; pour les clients un service à moindre coût et facilement accessible), il est pourtant sujet à de nombreuses controverses. Un temps considéré comme faisant partie de l’économie collaborative, il s’en différencie pourtant sur de nombreux points et comporte beaucoup inconvénients : concurrence déloyale, précarité des revenus, vulnérabilité, mise en concurrence des travailleurs (et pas des entreprises), etc.

Première prise pour cible, Uber a souvent déchaîné les passions et engendré de nombreuses critiques et manifestations. Et si l’entreprise cristallise autant les reproches faites aux plateformes, c’est parce que, en plus d’incarner l’ubérisation, elle est la seule société qui affiche ouvertement son ambition de fonctionner sans chauffeurs, assez cyniquement d’ailleurs au regard de ses campagnes de communication faisant la place belle aux conducteurs.

Avec une flotte de voiture autonomes, Uber commence donc l’abandon de son propre enfant pour faire exactement le contraire de l’ubérisation ; à savoir devenir une entreprise beaucoup plus classique reposant sur un capital particulièrement important de voitures autonomes, et abandonner toute idée de mise en relation entre clients et prestataires.

Du VTC au « VTA » ?

Le changement de modèle économique est donc complet pour Uber. Pour pousser l’ironie plus loin, on peut dire qu’Uber quitte le business du VTC, pourtant popularisé par l’application, pour celui du « VTA » (Véhicule de Tourisme Autonome). Et c’est un tout autre métier qui en découle. Aujourd’hui, Uber n’est finalement qu’une sorte d’intermédiaire entre des clients et des chauffeurs et possède donc très peu d’actifs. Mais si demain elle devait posséder une flotte entière de véhicules autonomes, détenir un capital composé d’autant d’actifs impliquerait alors des coûts de possession et de maintenance colossaux. D’autant plus que les voitures autonomes parcourront probablement plus de km plus rapidement (sans chauffeur, il n’y a aucune raison de s’arrêter) – et donc un remplacement plus précoce des véhicules de la flotte.

Or, pour une entreprise qui est en train d’essayer de réduire ses pertes et qui se prépare à entrer en bourse, avoir des dizaines de milliers de voitures à son bilan n’est pas vraiment idéal. Mais l’investissement effectif d’Uber dans sa propre flotte de véhicules autonomes reste encore incertain. Il se pourrait que l’entreprise se contente d’intégrer les voitures autonomes d’autres constructeurs dans son service. C’est notamment ce qui est prévu dans le cadre d’un partenariat avec Daimler, conclut début 2017, pour que les véhicules du constructeur allemand puissent s’intégrer à la plateforme d’Uber sans que ce dernier en soit propriétaire. Les accords avec Volvo et Daimler n’étant pas exclusif, on peut donc s’attendre à une variété de solutions économiques différentes pour qu’Uber passe au véhicule autonome.

Quoiqu’il en soit, être le premier sur le marché avec une flotte de véhicules autonomes sera un avantage compétitif extrêmement important. En plus des gains financiers, l’avance technologique pourra faire une grande différence pour se démarquer de la concurrence. Et sur ce point Uber n’est pas tout seul à faire la course pour sortir le premier service de taxis autonomes. Reste à savoir si il le fera avec ses voitures ou avec d’autres, mais l’ubérisation et les chauffeurs, quant à eux, seront bel et bien abandonnés en cours de route.

Voilà, c’est fini pour le petit dej’ d’aujourd’hui !

On te souhaite une bonne semaine et surtout un très bon weekend (plus que quelques heures, courage !).

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About The Author

Arthur Le Menec, content Manager @Niji. Essaie actuellement de comprendre le monde 🤔