Nov 17

Newsletter du 17 novembre 2017

*|MC:SUBJECT|*

 

Le petit-déjeuner tech et équilibré

Vendredi 17 Novembre 2017, planète Terre

Hey, salut ! Ça roule ce matin ? Comme tous les vendredi, on se retrouve après le café pour papoter tech et actualité.

Au menu d’aujourd’hui :

Et en bonus :
Et bon appétit bien sûr !

La formule express_ L’actu en bref

Une pilule connecté pour commencer la journée_

La FDA – Food and Drug Administration (USA) – vient d’autoriser la mise en circulation d’une pilule connectée qui permettra de suivre le dosage et le respect de la prise de médicaments par le patient. Concrètement, une fois la pilule ingurgitée, elle libérera une puce connectée digérable qui enregistrera les autres médicaments présents dans l’estomac du patient. Elle transmettra ces informations vers un patch porté par ce dernier et les informations seront synthétisées sur une application dédiée : date, heure d’ingestion, rappels, et même humeur du patient au quotidien. Cette pilule connectée est le fruit de 16 ans de recherche, plus de 300 brevets et 390m$ de levées de fonds par l’entreprise californienne Proteus Digital Health. Elle n’aura donc pas un rôle actif pour les traitements mais servira à surveiller la posologie des médicaments pris par les patients (et notamment éviter les surdosages). Pour l’instant, les maladies chroniques sont principalement visées (comme les troubles psychiatriques), mais de très nombreuses applications sont envisageables. Miam !

Faire pousser une ville intelligente en plein désert_

Bill Gates investit 80 millions de $ dans la construction d’une Smart City en plein coeur du désert de l’Arizona. Nommée Belmont, elle servira de modèle pour le développement de villes futuristes et durables (obligatoire en vue de la surpopulation urbaine de demain). Belmont s’étendra à terme sur 100 km2 (superficie de Paris), avec bureaux, commerces, espaces verts, habitations et écoles pour accueillir une communauté avant-gardiste de 180 000 habitants. Au programme : réseaux ultra haut débit, centres de données, transports et logistiques autonomes, infrastructure technologique de pointe, etc. L’idée est de créer une ville laboratoire pour les nouvelles solutions technologiques des villes du futur.

Cette annonce fait d’ailleurs écho à plusieurs projets récents de villes intelligentes, comme le quartier de Toronto Quayside by Google (cf. précédent Brain & Breakfast), ou encore Neom, le projet gigantesque de l’Arabie Saoudite. Si le fait que ce soit Bill Gates (cc Microsoft) qui investisse soulève encore des questions concernant l’implication des géants du web dans les Smart Cities (celui qui équipera les villes connectées récoltera-t-il les données ?), la multiplication des projets pour concrétiser des solutions à la surpopulation urbaine de demain reste un signe (très) positif.

Des chiffres et d’la tech_ l’info qui compte

25 milliards
C’est, en $, ce qui a été dépensé par les chinois sur Alibaba le 11 novembre_Démesuré. 25 milliards. C’est le montant des ventes qu’a réalisé Alibaba en … 24h, pour le Alibaba Single Day en Chine – la “Fête des Célibataires” du 11 Novembre – un évènement commercial que s’est approprié Alibaba en 2009 afin de doper ses ventes à grand renforts de promotions exceptionnelles. Au plus fort de la journée, le site enregistrait 260 000 paiements à la seconde… Le Black Friday peut aller se rhabiller (3,3 mds $ en 2016).

Sinon 25 milliards, c’est aussi le PIB du Mali ou de Chypre, ou encore le chiffre d’affaire annuel de La Poste ou de McDonald’s.

Maman maman regarde !_ Niji passe à la télé

Comme chaque semaine depuis Septembre, Niji est l’invité de l’Instant Tech sur BFM Business_

Et cette semaine, David-Henri nous a parlé de robots. Vont-ils voler nos métiers ? Voter ? Nous remplacer, nous exterminer ou juste nous aider ? Pas de panique, on fait le point là-dessus.



La news d’Asie_ HTC recalibre sa stratégie dans la réalité virtuelle

HTC a annoncé la sortie prochaine de son casque VR autonome : le HTC Vive Focus. Initialement prévu pour une distribution mondiale avec Google, il ne sortira finalement qu’en Chine.

Encore un casque de VR, me diras-tu ? What else ? Cette fois, le point intéressant vient non pas de la nouveauté technologique mais du fait que cette sortie “réduite” géographiquement en dit long, très long sur le nouveau marché de la VR qui se profile et sur la stratégie de repli d’HTC.

Les faits

Après l’annonce de l’Oculus Go il y a quelques semaines (cf. précédent Brain & Breakfast), c’est au tour d’HTC de présenter son casque autonome : le HTC Vive Focus. Il ne nécessite donc pas d’ordinateur, de câbles ou de smartphone pour fonctionner. Ces modèles sont les premiers d’une nouvelle génération de casques qui seront autonomes, donc plus simples d’utilisation (pas besoin de matériel haut de gamme – ordinateur ou téléphone) et donc bien moins cher.

Après le rachat il y a un mois de sa branche smartphones par Google, HTC confirme donc qu’il se recentre sur la réalité virtuelle … mais aussi sur l’Asie ! En effet, il était prévu que son casque autonome fonctionne avec la plateforme de Google et soit distribué sur les marchés occidentaux.

Déconvenue pour Google

Google avait en effet prévu d’accélérer sur le marché de la réalité virtuelle avec deux casques autonomes pour sa plateforme dédiée : Daydream. L’un devait être fabriqué par Lenovo, l’autre par HTC (dont le casque devait sortir fin 2017 dans le monde entier). Mais malheureusement pour Google le casque d’HTC ne sortira finalement qu’en Chine et fonctionnera avec la plateforme d’HTC : VivePort.

Pourquoi ? Aucune explication officielle n’a été donnée, mais la situation financière assez noire d’HTC est sûrement la principale explication. Après sa sortie du marché du smartphone (rachat 1 md$ par Google en Septembre), le groupe se recentre donc sur la réalité virtuelle. Le problème, c’est que ce marché ne génère aujourd’hui pas suffisamment de revenus pour assurer la stabilité d’une entreprise de la taille de HTC. En effet, l’électronique grand public est de manière générale un marché très difficile car les marges y sont extrêmement faibles. D’importants volumes et des économies d’échelle sont donc obligatoires pour survivre. Le marché des smartphones en est l’exemple type, seules quelques rares entreprises y génèrent des profits et c’est pour cela qu’HTC en est sorti.

Pour retrouver de la rentabilité, HTC doit donc se concentrer sur ses centres de profits, qui ne se trouvent pas dans la vente de matériel mais dans celle d’applications. Cela passe nécessairement par l’utilisation de sa propre plateforme VivePort (car c’est bien là que se trouvent les bénéfices via la boutique d’applications). La stratégie suivie par HTC pendant longtemps – construire du matériel en s’appuyant sur la plateforme d’un autre acteur (comme c’était prévu avec Google et Daydream) – n’est donc tout simplement plus viable.

La concurrence sera rude pour les casques autonomes

Le partenariat offert par Google à HTC pour fonctionner avec sa plateforme ne devait donc pas être suffisamment intéressant pour qu’HTC sorte son casque sur les marchés occidentaux, d’autant qu’on sait d’avance que la concurrence y sera rude. Lenovo va proposer un produit similaire, basé sur la même technologie, et dispose d’une stabilité financière beaucoup plus importante qui lui permettra de proposer son produit moins cher si besoin + d’assurer une meilleure distribution et promotion commerciale. HTC risquerait donc très gros en finançant tout elle-même.

D’autant plus qu’Oculus Go, un casque technologiquement moins avancé sur certains aspects mais qui sera commercialisé au prix imbattable de 199 dollars, est également annoncé. Cette stratégie agressive pour une démocratisation massive fera beaucoup d’ombre aux casques de Google car ils pourraient être jusqu’à deux fois plus cher sans pour autant présenter tant d’avantages que ça. La concurrence promet d’être très rude pour les casques autonomes abordables qui (dans l’idée) devraient mettre un coup de boost à la démocratisation de la VR.

La stratégie d’HTC pour survivre

Bien qu’HTC développe sa propre boutique d’applications, VivePort, depuis déjà un moment, elle ne pèse rien face à Steam en Occident. La seule solution pour l’entreprise est donc un repli sur le marché chinois dans l’immédiat. Elle y a déjà rencontré un beau succès grâce à la diversification de ses activités VR (marché du smartphone, salles d’arcades, éducation, entreprises). Donc en parallèle de ce nouveau casque et de la valorisation de sa plateforme VivePort, le constructeur a dévoilé Vive Wave, une plateforme ouverte aux développeurs pour la réalité virtuelle mobile. L’objectif affiché est d’unifier sous sa bannière VivePort l’écosystème très fragmenté de la réalité virtuelle en Chine et cherche ainsi à devenir la plateforme de référence.

La nouvelle stratégie de HTC est donc ambitieuse mais aussi très sensée. L’entreprise dispose déjà d’un leadership en Chine et n’y subit pas la pression des acteurs occidentaux. Mais le succès n’est pas garanti : d’autres acteurs chinois compte bien investir également la VR prochainement (Huawei, Alibaba, Tencent ou même Xiaomi, qui serait le partenaire pour adapter l’Oculus Go version chinoise).

La news qui pèse_ Tesla dévoile son camion électrique semi-autonome

« Il pourra se transformer en robot, combattre les aliens et faire un latte d’enfer…  »
« il va faire sortir votre esprit de votre crâne pour entrer dans une autre dimension… « 



Voilà comment Elon Musk fanfaronnait hier sur twitter avant de dévoiler tôt ce matin (oui on est hyper réactif) son camion électrique : le Tesla Semi. Après plusieurs reports (initialement prévu en Septembre puis fin Octobre), la dernière prouesse de Tesla a finalement été présentée le 16 Novembre, rajoutant une nouvelle péripétie à cette année pleine de rebondissements pour le constructeur (sortie du Model 3, retards de production et pertes records).

The Tesla Semi is … big

Le Tesla Semi est un semi-remorque de classe 8 (charge opérationnelle supérieure à 14 tonnes), entièrement électrique, dont la production devrait être opérationnelle d’ici 2 ans pour des livraisons en 2020.

Niveau autonomie, il pourra rouler jusqu’à 800km grâce à une consommation de moins de 2 kWh/miles (notamment grâce à l’aérodynamique du véhicule). La recharge sera elle ultra rapide : 30 minutes seulement pour récupérer 650km d’autonomie grâce à l’introduction de nouveaux MegaChargeurs, encore plus puissants que les SuperChargeurs qui rechargent les voitures Tesla. Etant donné que 80% des trajets font moins de 400km, ce niveau d’autonomie est largement suffisant dans la plupart des cas.

Et l’esprit Tesla n’a pas été oublié : son camion est rapide, très rapide. Il accélérera de 0 à 100 km/h en seulement 5s à vide, et en 20s avec 40 tonnes de chargement, ce qui est incroyablement rapide comparé aux camions diesel. La vitesse maximale sera elle aussi supérieure aux équivalents diesel. Quand au poste de pilotage, il ressemble d’avantage à celui d’une fusée qu’à celui d’un camion.

Camion électrique oblige, il a donc une autonomie bien moindre que les camions diesel qui peuvent rouler jusqu’à 1600 km avec un réservoir plein. Pour séduire les transporteurs, Elon doit donc Muskler son camion avec d’autres attributs qui peuvent faire la différence, et miser sur d’autres paramètres pour convaincre un public souvent très sceptique quant à la rentabilité des énergies alternatives : investir dans l’électrique doit être source de profits. Il faut alors proposer à la fois un modèle avec de bonnes performances tout en offrant un coût total de possession (= coût d’achat + coût d’utilisation dans le temps) identique voire inférieure aux modèles thermiques

La recette magique de Tesla : Autopilot

S’il y a bien une fonctionnalité qui pourrait faire la différence, c’est le système Autopilot de Tesla qui sera embarqué à bord de son poids-lourd. Le Tesla-Semi utilisera les mêmes technologies déjà développées pour ses voitures, ce qui devrait être une petite révolution dans l’industrie du poids-lourd. L’Autopilot du Tesla Semi permettra notamment :

  • Le maintien automatique sur la voie (en lâchant volant et pédales), le freinage automatique, et l’alerte avant collision.
  • Vraisemblablement un système de platooning : plusieurs véhicules interconnectés en convoi suivent de manière automatisée le premier camion, seul à être conduit par un chauffeur (les autres suivant automatiquement le premier sans personne à bord). Cette technique a déjà été testée avec succès aux Etats-Unis et en Europe, avec une première expérimentation réussie l’an dernier aux Pays-Bas. Dans le cas du Tesla Semi, 3 camions pourront se suivre, donc une potentielle économie de personnel par trois.

Au final, au-delà des performances impressionnantes du nouveau modèle de Tesla, la question primordiale pour les transporteurs reste celle du coût total du camion. Si le prix de vente envisagé n’a pas été communiqué, Elon nous a assuré que le coût total de possession sera 20 % inférieur à celui d’un modèle diesel équivalent, et garantit une durée de vie d’au moins 1,6 millions de km. Moins de maintenance et plus longue durée de vie devraient impliquer une opportunité économique sur le long terme pour les transporteurs.

Tesla pas seul sur le marché du camion électrique…

Avec le report de son annonce, Tesla s’est fait doubler par Daimler (maison mère de Mercedes Benz entre autre) qui a dévoilé la semaine dernière le premier poids lourd électrique au monde au Tokyo Motor Show. Le E-Fuso Vision One a par contre une autonomie maximale de seulement 350 kilomètres, bien moins que le modèle de Tesla.

… ni sur la conduite autonome

Niveau conduite autonome, c’est encore Daimler qui avait ouvert la voie en 2014 avec des premiers tests concluants de conduite sur autoroute. Et en avril 2016, Daimler et cinq autres constructeurs européens (DAF, Man, Iveco, Scania et Volvo) avaient même organisé le premier convoi de camions semi-autonomes entre l’Allemagne, la Suède et les Pays-Bas.

Même Uber a testé le camion autonome en 2016, en livrant des canettes de bières au Colorado grâce à la technologie de la startup Otto rachetée par Uber. Quant à Google, il teste également cette technologie avec sa filiale Waymo.

Un cran au-dessus (ou plutôt en avance) : Einride, une start-up suédoise, va plus loin en testant un prototype sans cabine et sans humain à bord. Son camion T-Pod est électrique, pèse 20 tonnes (fret compris) et dispose d’une autonomie de 200 kilomètres. La société souhaite mettre en circulation de 200 véhicules d’ici à 2020 entre Göteborg et Helsingborg, en Suède.

Les avantages du camion autonome

La concurrence s’annonce donc rude sur ce futur marché du camion autonome. En effet, contrairement aux voitures, le camion autonome ne s’appuie pas sur un gain de confort ou de rêve mais sur la promesse d’économies réelles pour les transporteurs.

Selon une étude de PwC réalisée en 2016, la première génération de camions semi-autonomes circulant en convoi devrait déjà permettre de réduire les coûts du transport de 5% d’ici 2020, notamment grâce à une réduction d’environ 11% de la consommation de carburant. Mais avec l’arrivée du camion 100% autonome, (vers 2030 selon l’étude), la baisse des coûts atteindrait 30%, principalement grâce à la réduction des emplois des chauffeurs qui représentent près de 40% des coûts. Et bien sûr, il y a l’aspect sécurité (90% des accidents de la route sont dus à des erreurs humaines), notamment en occasionnant moins de fatigue pour les chauffeurs.

Au final, les camions autonomes devraient permettre de rouler plus longtemps (que le maximum autorisé de 11 heures par jour), en faisant des économies de carburant ou d’énergie (grâce à une conduite optimisée) et de masse salariale (si un seul chauffeur peut guider une flotte de camion en convoi, ou si tous les camions sont autonomes), et également en polluant moins (à fortiori si les camions sont électriques, quoique qu’il faudra surement un kilométrage important pour amortir l’impact CO2 de la production initiale des batteries qui n’est pas négligeable).

Au final, ils pourraient donc représenter une perspective très intéressante pour les entreprises de transports. Et cela prendra probablement bien moins de temps aux camions pour être autonomes comparés aux voitures où le gain de l’autonomie est moins rentable.

L’emploi des chauffeurs routiers menacé ?

Dans la balance, la question de l’emploi des chauffeurs routiers se trouve au centre des économies potentielles que l’autonomie des camions peut apporter. Selon un rapport publié en juin dernier par le Forum international des transports, entre 2 et 4,4 millions d’emplois de chauffeurs routiers seraient ainsi susceptibles de disparaître entre 2020 et 2030 aux Etats-Unis et en Europe. Cela représente 50% à 70% des effectifs de la profession. A condition toutefois que les Etats concernés lèvent les obstacles juridiques. Car pour l’heure, lâcher le volant reste strictement interdit partout, sauf à titre expérimental.

La stratégie de Tesla

Tesla prend donc une bonne avance sur ce sujet du transport routier autonome, et les fonctionnalités proposées par son dernier modèle semble faire sens vis à vis des exigences de la profession. Et le marché des camions ne sont pas la seule ambition du groupe : comme précisé dans son « Master Plan », Tesla prévoit également la sortie prochaine d’un bus, d’un pickup, et même d’un système d’auto-partage. L’ambition d’Elon Musk est bien de révolutionner les transports dans leur globalité, grâce à l’électrique et à l’autonomie des véhicules.

Voilà, c’est fini pour le petit dej’ d’aujourd’hui !

On te souhaite une bonne semaine et surtout un très bon weekend (plus que quelques heures, courage !).

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About The Author

Arthur Le Menec, content Manager @Niji. Essaie actuellement de comprendre le monde 🤔